Ras le bol!

Ras le bol!
Je crois qu’il est l’heure d’afficher clairement ses croyances, car le cyclisme et notamment le Tour ne peuvent plus naviguer entre deux eaux. On ne peut plus assimiler certains messages d’espoir à de vaines campagnes d’ auto-persuasion. Qu’est-ce qu’on sait? Que la volonté d’éradiquer le dopage est réelle et que la lutte fonctionne. Qu’est-ce qu’on voit? Des tricheurs débusqués, et non des moindres, de Jan Ulrich, Ivan Basso, Alexandre Vinokourov, dans un passé récent, à Riccardo Ricco en Juillet dernier. Et on a raison d’en penser quoi? Que le cyclisme « n’est plus »… le nid de vipères dans le jardin de l’éthique et qu’il est en passe de sauver sa crédibilité, même si cela n’empêchera pas de nouvelles affaires que l’on en vient presque à souhaiter comme signe d’une vigilance qui ne se relâche pas… Nous en sommes tous au même point, à réclamer une période probatoire, car au rythme où les tricheurs tombent, on se rapproche de plus en plus de la clarté.
De plus, il n’y a pas de médias sans sport, et pas de sport sans médias. Quand on évoque les rapports entre journalistes et sportifs, il est bon de rappeler que, depuis plus d’un siècle et demi, le sport et les médias entretiennent une étroite relation. Et plus particulièrement le sport cycliste. Il ne faut pas oublier que la presse sportive a vu le jour avec les premières courses cyclistes. Ainsi, le Tour de France a été imaginé et créé par Henri Desgrange pour gonfler les ventes du journal l’Auto, ancêtre de l’Equipe. Le cyclisme et les médias ont donc grandi ensemble tout au long du XXème siècle: la presse écrite a crée les courses cyclistes, les radios les a fait entrer dans les foyers, et la télévision a apporté l’image. Il est bon de le rappeler car les journalistes font pleinement partie de la carrière d’un coureur cycliste.
De plus, le Tour incarne vraiment la vitrine du cyclisme. Hélas, depuis 1998 et l’affaire Festina, il est constamment associé au dopage. Et par conséquent, le sport cycliste aussi. Aujourd’hui, quand on évoque les relations entre médias et cyclistes, on ne peut évidemment pas passer à côté du dopage. Certes, le dopage est présent, les affaires existent. Les journalistes ne peuvent pas le nier et se doivent de transmettre l’information au public. Mais je pense qu’ils pourraient le faire dans de moins grandes proportions et accorder moins de place à ce sujet. Les médias ont un devoir, une mission auprès du public. Le fait de s’attarder largement sur les affaires de dopage entretient dans la tête des gens que tous les coureurs sont dopés. C’est une image qui s’est construite petit à petit, mais au final, les gens ne retiennent que ça. Bien sûr, les journalistes ne sont pas coupables, ce sont les tricheurs avant tout. Mais ils influent tellement l’opinion publique. Alors qu’il y a d’autres choses à dire sur le vélo. Il n’y a que dans le vélo que l’on parle de dopage, mais il n’y a aussi que dans le vélo où les contrôles sont aussi poussés. Après c’est évident, on parle plus de sport dans les autres activités. Ca énerve 90% du peloton, c’est sûr. Les journalistes assurent le lien entre le monde professionnel et le grand public. A travers leurs écrit, leurs reportages, ils font notamment rêver les jeunes générations. Que pensent-elles lorsqu’un coureur, traité tel un héros un jour, devient le lendemain un diable? D’un autre côté, je me mets à la presse et je me dit aussi que ça ne doit pas être facile d’avoir été trompé par certains coureurs. Qui savait pour Kohl par exemple? Quand il dit à l’Alpe d’Huez « j’ai donné 130% de moi » et qu’il s’écroule dès la ligne franchie: moi, j’avais «presque» envie d’y croire. On peut aussi accorder ce crédit aux journalistes d’avoir été floués. Quand il une affaire de dopage, elle occupe toute l’actualité, et pas seulement sportive…
Mais il ne faut pas se le cacher, qu’est-ce que le sport cycliste aujourd’hui?
C’est un mec payé par un sponsor, avec une marque dans le dos et dont il faut qu’on parle. Et un journaliste c’est quoi? Un type payé un journal, une radio, une télévision pour relayer des faits. Il n’est pas là pour les trier ou les censurer au gré de ses convenances, comme un coureur ne peut se substituer à son rôle premier d’homme-sandwich. De cette radicalité naît le choc, chaque clan reprochant à l’autre ses excès. A titre personnel, je le dit: je suis pour une suspension vie dans tous les cas de dopage « lourds ». Mais les faits imposent leurs diktat. Devrait-on passer sous silence une réalité qui nous pète à la figure? Demande-t -on à un commentateur sportif de faire « biiiip » chaque fois qu’apparaît à l’écran un coureur suspect aux yeux de la morale? Et, au final, qui peut agir sur les faits sinon ceux qui en sont à la source? Un journaliste ne peut pas boycotter une réalité, mais des équipes cyclistes peuvent boycotter d’autres équipes, ne serait-ce qu’au regard du code éthique et autres codes d’honneurs qu’elles ont elles même rédigées(de la poudre aux yeux pour les médias considérés comme de simples passe-plats?). Les équipes mentent si elles prétendent ne pas disposer de tous les garde-fous nécessaire à la crédibilité de leur sport, comme l’a encore prouvé l’Agence Francaise de Lutte contre le Dopage, qui en deux coups de cuillères à pot, à ciblé de coureurs « à risque ». Bref, la presse ne va pas, ne peut pas se substituer au peloton dans sa lutte pour des jours meilleurs.
Au final, ce que je retiens, c’est que quand je vais à l’entraînement, on passe pour des criminels. On se fait insulter au bord de la route. On n’en arrive à un point où je n’ose même plus dire que je suis coureur cycliste.

# Enviado el viernes 16 de enero de 2009 16:15

Modificado el domingo 18 de enero de 2009 04:15

j'aime bien les encouragements...

j'aime bien les encouragements...
Quelques perles et autres subtilités entendues au bord des routes:

-"Bravo les dopés!"
-"Vive les drogués!"
-"Sales tricheurs! Bande d'enc...!"
-"Allez les tapettes!"
-"C'est qui ton médecin?"
-"Allez vous faire foutr...!"
-".......................................!"
-".......................................!"



Quand on n'entend ça, on a envie de s'arrêter et de foutre son poing dans leurs gueules.
Mais à quoi ça sert? Il y a tellement de tarés sur terre maintenant qu'ils seraient bien capable de nous plomber à la carabine ...
Alors du coup, au lieu de filer la tête baissée, il vaut mieux en rigoler et le leur montrer.
C'est devenu grave, non?

Et vous, vos sorties d'entraînement se passent-elles bien? Laissez des coms!!!

# Enviado el viernes 16 de enero de 2009 18:20

Modificado el domingo 18 de enero de 2009 04:43